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Roland Dufau: 100 % diapo, 100 % Ciba!
Ne nous voilons pas la face : le film diapo est sans doute le support argentique le plus menacé. Or Roland Dufau ne tire que des diapos. Et il n'utilise pour cela qu'un seul papier et qu'une seule chimie depuis trente ans! Autant dire qu'il fait vraiment office de "dernier des Mohicans" Oui, mais voilà, ce papier et cette chimie unique, c'est du "Cibachrome" et Roland Dufau en est le maître incontesté. Pour le plus grand plaisir des artistes et des collectionneurs, pour qui ce nom garde tout son attrait.
Le "Ciba" encore et toujours...
Cibachrome : le mot reste magique
et la plupart des initiés disent "Ciba". Rares sont ceux
qui emploient le "vrai" terme actuellement en vigueur: "Ilfochrome
Classic". En effet, depuis 1991, le "Cibachrome" n'existe
plus officiellement! Pour une question de rachat d'entreprise
et de marketing, Ilford fut contraint, à son grand dam, de trouver
un nouveau nom à son
procédé phare. Le "Cibachrome" fut ainsi rebaptisé "Ilfochrome
Classic". Toutefois, 18 ans plus tard, le nom d'origine reste toujours
employé, même chez Ilford, à l'usine de Marly en Suisse
qui continue de "coucher" ce papier unique sur son support polyester.
Production & conservation
Nous n'allons pas raconter ici la riche
saga du Cibachrome (lui-même issu du procédé Gaspacolor
inventé dans les années 1930 par le chimiste hongrois Bella
Gaspard). Non, ce qui nous importait c'était de rencontrer Roland
Dufau et de faire le point avec lui sur son activité de tireur "atypique".
De nombreux photographes pensent sans doute que le Cibachrome
n'existe plus. Or Ilford n'a jamais arrêté sa fabrication.
Et le responsable du Service Technique Couleur, Jean Noël Geix, a
déclaré dans
le magazine Le Photographe que la production était garantie jusqu'en
2020. En effet, la première application de l'Ilfochrome-Cibachrome
reste le microfilm, toujours très utilisé dans le domaine
militaire. Et le contrat vient justement d'être renouvelé avec
l'armée jusqu'en 2020... Au passage, on touche là une des
caractéristiques fondamentales de ce procédé: sa conservation.
Seul ennemi: l'humidité excessive (au-delà de 60 %). Tout
cela, Roland Dufau le connaît parfaitement. Sur le sujet, c'est un
puits de science. Sa petite boutique du quartier latin à Paris (45
m2 en comptant le labo et la réception!) est devenue le temple des
adorateurs du Dieu Ciba. Dufau n'est pas le seul en France à proposer
des tirages Cibachrome (voir page suivante). Mais il est le
seul à ne
faire que du Ciba! Chez lui, pas de négatifs, ni bien sûr
de fichiers numériques. De plus, Dufau n'est pas un "simple" tireur.
C'est un passionné de photo, un ami des photographes et un grand
collectionneur de livres. Depuis 1980, il travaille seul et
reçoit
lui-même en personne tous ceux qui viennent sonner à sa porte.
Parfois, il faut attendre un peu qu'il sorte de sa chambre
noire! "je
travaille seul parce que j'aime les contacts directs avec les
photographes, dit-il. Ma clientèle s'est constituée petit à petit,
par le bouche à oreille. Mon premier grand client fut John Batho.
Aujourd'hui, je tire les ektas de Stéphane Duroy, de Yan Charbonnier,
d'Olivier Fôllmi, de Didier Gou-py, de Roland et Sabrina Michaud,
de Lucien Clergue"...
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Source : Réponses Photo Hors Série n° 8
Interview audio de Roland Dufau
Depuis 1980, Roland Dufau est tireur d’images. D’emblée, il se construit une solide réputation, et noue des liens de confiance avec les plus grands photographes. Parmi eux, Lucien Clergue. Rencontre avec un artiste de la chromatographie.
Il est un esthète du tirage couleur. Un artisan qui a développé un savoir-faire reconnu dans toute l’Europe. Roland Dufau est tireur d’image depuis 1980.
Installé à Paris, rue de Savoie, il reçoit la visite des plus grands photographes. Notamment Lucien Clergue, le premier photographe à entrer à l’Académie des beaux-arts.
Travaillant uniquement à partir de diapositives, et ne proposant que des tirages couleur, l’art de Roland Dufau est exceptionnel. Ses tirages sont uniques. Il exprime dans cette émission sa passion pour son métier. Sa façon de faire chatoyer les couleurs et la lumière, et de rendre la parole aux recoins les plus obscurs d’une photographie.
Source : Canal Académie
Interview d'un des derniers spécialistes de l'Ilfochrome
C'est dans un petit atelier situé à l'angle de la rue de Savoie et de la rue Séguier à Paris, face à l'île de la Cité, qu'exerce l'un des derniers spécialistes de l'Ilfochrome, procédé d'anthologie que ses aficionados continuent de nommer "Ciba".
C'est une petite boutique avec des tirages en vitrine. Il faut sonner pour se signaler. Roland Dufau travaille seul. La porte s'ouvre sur un endroit qui n'a rien de la froideur habituelle des comptoirs de labo. Un bureau, des tirages, un meuble à tiroir pour stocker les épreuves et quelques objets liés à la photographie : c'est le bureau d'un artisan. En arrière-boutique on devine le labo, avec deux agrandisseurs couleur, une pièce pour la développeuse Ilfochrome, et un autre labo avec un agrandisseur couleur 20x25 cm. Roland Dufau accueille ses clients en blouse blanche. Normal. Il est docteur en tirage. Et il a une spécialité : l'Ilfochrome.
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Source : Le Photographe n° 1664

